Et si l’arrêt du tabac commençait dans l’assiette ?

Assiette saine et colorée à côté d’une cigarette éteinte, illustrant le lien entre alimentation et arrêt du tabac.

En mai dernier, je suis allée chez mon implantologue pour une visite de contrôle sur un implant posé il y a un an.

Il était peut-être mal luné ce jour-là et il m’a dit : « De toute façon, vous allez finir par perdre toutes vos dents ». Ça a été un électrochoc!

Le soir même, j’ai pris une décision que je repoussais depuis longtemps : j’arrêtais de fumer.

Je fumais depuis l’âge de 16 ans. Je roulais mes cigarettes et, pour être totalement honnête, j’adorais ça.

Dès le lendemain, j’ai commencé à me libérer de ce poison.

Je savais que les premiers jours seraient difficiles. En effet, la nicotine est l’une des substances les plus addictives qui soient et le sevrage physique demande un véritable effort. Les symptômes les plus intenses surviennent généralement durant les 5 premiers jours, puis s’atténuent progressivement au fil des semaines.

Ensuite, commence une autre étape : un sevrage davantage psycho-émotionnel. Il ne s’agit plus tant du manque physique que des habitudes, des automatismes, des associations d’idées, des moments où l’on fumait « par réflexe » ou pour gérer une émotion.

Je souhaitais traverser ces deux étapes sans cigarette électronique, sans patch nicotinique et sans substitut. Et les 5 premiers jours ont effectivement été très éprouvants. J’étais comme un lion en cage!

Puis, à ma grande surprise, quelque chose a changé.

L’arrêt est devenu relativement simple. Pas facile au sens où je n’y pensais plus du tout : loin de là ! Mais incomparablement plus simple que lors de mes précédentes tentatives.

C’est là que j’ai commencé à faire un lien avec tout ce qui avait changé dans ma vie depuis un an et demi.

L’arrêt du sucre facilite-t-il l’arrêt du tabac?

Depuis décembre 2024, j’ai profondément modifié ma façon de manger. J’ai adopté la chrononutrition : gras le matin, dense le midi, sucré au goûter et léger le soir. Ainsi j’ai largement supprimé le sucre de mon quotidien (hormis au goûter) et je consomme très peu de céréales.

Je ne peux pas le prouver mais je suis convaincue que cette manière de m’alimenter a fortement contribué à faciliter mon sevrage tabagique.

Lors de mes précédentes tentatives pour me libérer du tabac, j’avais besoin de compenser, de combler le manque. Je grignotais. J’avais des fringales. Envie de sucre ou de chocolat. En bref, besoin de petites récompenses alimentaires.

Cette fois-ci, rien de tout cela. Je n’ai que faiblement ressenti le besoin de remplacer la cigarette par des aliments. Je surfais sur les vagues du manque grâce au mouvement et à la respiration Et avec le recul, je pense que cela est lié en partie à la dopamine.

Le circuit de la récompense

La nicotine stimule fortement la production de dopamine : le neurotransmetteur associé à la récompense, au plaisir et à la motivation.

Le sucre agit, lui aussi, sur ces mêmes circuits. Lorsqu’on consomme régulièrement des produits sucrés, le cerveau s’habitue à recevoir des gratifications rapides et fréquentes. On est, en quelque sorte, drogué au sucre. Et cela commence très tôt dans nos sociétés occidentales.

En me libérant progressivement du sucre depuis plus un an et demi, j’ai peut-être déjà accompli une partie du travail. Mon cerveau semble aujourd’hui moins dépendant de ces pics artificiels de récompense. L’absence de cigarette est donc beaucoup moins difficile à supporter qu’autrefois.

Je constate également qu’une alimentation riche en protéines et en bonnes graisses me procure une satiété durable et une grande stabilité émotionnelle. Les variations d’humeur et les envies compulsives qui accompagnaient autrefois mes journées ont pratiquement disparu.

Mais il y a un autre aspect auquel je ne m’attendais pas.

Tabac et inflammation

Dès les premiers jours de mon sevrage, j’ai réellement pris conscience du caractère profondément inflammatoire de la cigarette. Ce qui est fascinant, c’est qu’elle provoque à la fois une irritation chronique des muqueuses et qu’elle masque en partie les signes de cette inflammation. L’inflammation est là mais on ne la ressent pas car on est comme anesthésié.

En effet, le tabac agit paradoxalement comme :

  • un irritant chronique ;
  • un vasoconstricteur (il diminue le diamètre des vaisseaux sanguins) ;
  • un anesthésiant partiel ;
  • un modificateur de la perception sensorielle.

Ainsi, certaines personnes découvrent en s’arrêtant de fumer :

  • une bouche plus sensible ;
  • des aphtes, des brûlures, une sensation d’inflammation ;
  • une hypersensibilité des muqueuses ;
  • ou simplement des gencives qui « réapparaissent » et nous rappellent qu’elles existent.

Lorsque l’on vit sans tabac :

  • la circulation sanguine revient progressivement ;
  • les tissus se réoxygènent ;
  • le système nerveux retrouve davantage de sensibilité ;
  • et certains signes inflammatoires deviennent à nouveau perceptibles.

C’est pourquoi on peut parfois avoir l’impression que « c’est pire depuis que j’ai arrêté », alors qu’en réalité on recommence surtout à ressentir ce qui était auparavant provoqué et atténué par le tabac.

Un phénomène bien connu est celui de la gingivite révélée après l’arrêt du tabac : les gencives peuvent temporairement paraître plus rouges, gonfler davantage ou saigner plus facilement. Le tabac pouvait masquer en partie certains signes en réduisant la circulation sanguine et en modifiant la réaction inflammatoire des muqueuses. Après l’arrêt, ces réactions peuvent alors sembler plus importantes ou plus visibles.

Cette phase est transitoire : il faut un temps pour que les tissus retrouvent un fonctionnement plus normal, que le corps réajuste son équilibre et que le système immunitaire, la salive et le microbiote buccal se réorganisent.

Prendre soin de sa bouche : des astuces utiles

Cette phase peut ou doit être accompagnée. Et ce qui aide beaucoup la réparation, c’est:

  • une hydratation suffisante
  • la respiration nasale, si possible
  • éviter alcool et bains de bouche agressifs
  • la vitamine C
  • une alimentation riche en protéines et minéraux
  • un bon sommeil

La fumée de cigarette augmente le stress oxydatif (production de radicaux libres) et augmente donc les besoins en antioxydants, dont la vitamine C. Elle accélère aussi la dégradation et l’élimination de la vitamine C dans l’organisme.

Les fumeurs ont donc souvent des taux sanguins de vitamine C plus bas que les non-fumeurs, parfois malgré une alimentation correcte.

Quelques remèdes simples et apaisants

  • rinçage à l’eau tiède + sel léger
  • infusion de sauge ou camomille refroidie
  • huile de coco en bain de bouche doux (“oil pulling” léger)
  • miel de qualité local en petite quantité sur une irritation ponctuelle
  • brossage à l’eau oxygénée 10 volumes diluée diluée dans de l’eau : 1 cuillerée à café d’eau oxygénée pour 2 cuillerées à café d’eau)

Combat ou recherche d’équilibre?

Cette expérience m’amène à une réflexion plus large.

Pendant longtemps, j’ai considéré l’arrêt du tabac comme un combat contre une dépendance. Et l’on sait bien que plus on combat, plus on se bat contre et plus ça résiste. Aujourd’hui, je le vois davantage comme la conséquence d’un rééquilibrage global de l’organisme.

Lorsque le corps retrouve de l’énergie, lorsque la digestion s’améliore, que le sommeil devient réparateur, que les inflammations diminuent et que les besoins compulsifs s’apaisent, quelque chose change profondément.

On ne lutte plus contre une habitude. La lutte est contre-productive car tout ce à quoi l’on résiste persiste Et tout ce que l’on embrasse s’efface.

On commence à avoir réellement envie de prendre soin de soi.

Et lorsqu’on découvre ce que l’on gagne en vitalité, en confort digestif, en stabilité émotionnelle et en qualité de vie, l’idée de continuer à s’empoisonner devient de moins en moins cohérente.

C’est pour cette raison que, dans mon accompagnement, je ne me focalise jamais uniquement sur un symptôme ou une dépendance. Je cherche avant tout à comprendre le terrain dans sa globalité.

Grâce aux bilans de santé, grâce à l’Harmonisation Globale et/ou Harmonisations IGA, il est possible d’identifier certains déséquilibres, de soutenir l’organisme dans ses capacités d’adaptation et d’accompagner des changements parfois bien plus importants qu’on ne l’imaginait au départ.

L’objectif n’est pas de forcer le changement. Mais de créer les conditions dans lesquelles le changement devient naturellement plus facile.

Si mon témoignage fait écho à votre propre parcours, je serai heureuse de vous accompagner. Ensemble, nous pourrons explorer votre terrain, identifier les déséquilibres qui vous freinent et mettre en place un accompagnement personnalisé afin que votre organisme retrouve progressivement son équilibre. Car lorsque le corps fonctionne mieux, il arrive souvent que les mauvaises habitudes perdent naturellement leur emprise.